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1990, quelques mois avant le service militaire, le départ annuel pour San Francisco. Passer quelques  semaines dans la maison de ma mère. Cette année, je dois faire le voyage seule pour la première fois, mon père ayant des cours à donner. Pas de vol direct, il me faut passer par l’Europe, puis New York et là un vol pour San Francisco, un vrai plaisir.

Pour que le voyage soit moins long, je décide de faire une escale… à Paris, la ville dont je rêve depuis si longtemps. L’escale ne sera pas longue une petite journée et déjà il faudra reprendre l’avion.

Que voir en si peu de temps ? Peu de choses, hélas.

Alors, je décide de prendre l’atmosphère du vieux Paris. Le violon sous le bras, mes pas me dirigent vers la Place de la Bastille, je descend vers la Seine par la rue du Temple, je m’arrête pour regarder l’hôtel de Ville et enfin la Seine. Là, je découvre émerveillée les bouquinistes et leurs étals de livres, de gravures. Incroyable, je ne savais pas qu’ils existaient encore, j’achète quelques livres, mon horrible accent fait gentiment rire le bouquiniste, je flâne tranquille sur les quais, jusqu’à la Pointe de l’île, quelques pécheurs tentent leur chance.

Un regard vers Notre Dame, Hugo m’inspire, je me dirige vers elle d’un pas léger, je fuis le flot de touristes et j’escalade les marches mais je ne rencontre pas Quasimodo, Paris en septembre, un jour de beau temps, la vue est majestueuse, au loin la Tour Eiffel, mais ce n’est pas elle qui attire mon regard : le Quai des Orfèvres ! Je dévale les marches et je me dirige vers lui, inspirée par Simenon, oh je sais que je ne rencontrerais pas Maigret, mais qu’importe, j’observe le bâtiment, je n’ose y entrer, me redirige vers Notre Dame, traverse à nouveau la Seine, je regarde l’heure, où déjeuner, je marche au hasard, une place, des arcades, je regarde le nom, Place des Vosges, décidément Hugo me poursuit, un restaurant dans un angle, je me laisse tenter, mon accent fait des ravages (ce jour là je compris que j’aurai du mal à parler français).

Après le repas, je fais quelques pas en bord de Seine, puis direction l’aéroport.

Quelques heures plus tard, je quitte Paris, j’y suis retournée depuis mais jamais je n’ai retrouvée la sensation de découvrir un monde à la fois neuf et ancien, jamais je n’ai retrouvé cette impression d’avoir été guidée par Hugo, voir Paris et être inspirée par Hugo, ce souvenir est gravé à jamais dans ma mémoire.